… suivis de Daniel Berceliot et de Jean-Luc Devillers. Au loin, le précurseur des chars actuels.

1966 : l’année des prémices

Il était un temps où les écoles tenaient leur bal annuel dans les salons de l’Hôtel de Ville, avec des affiches prestigieuses, dont pouvaient bénéficier tous les nancéiens. C’est ainsi que, chaque année en janvier, les élèves de ce que l’on appelait alors l’ENSAN (Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie de Nancy), aujourd’hui ENSAIA (Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie et des Industries Alimentaires), organisait la NUIT de l’AGRO avec pour l’année 1966, Stéphane Grappelli et Bill Coleman, Jazzmen mondialement connus, en invités d’honneur. Pour attirer le plus grand nombre, les élèves de la promotion 64-67, dont le Président était Guy SIMON, ont eu l’idée de promouvoir leur bal dans les rues de Nancy en passant par la Place Stanislas avec un défilé sur des scooters, vélos et tracteur-char agricole. Les 24 Heures de STAN sont en germe en ce mois de janvier 1966.

En tête de cortège se trouvent les scooters d’Alain Taborin et de Jerzy Koscinski…

Sur cette photo du char piscico-œnologique, prise rue Ste Catherine, on reconnaît le regretté Jean-Louis Bornot, Jean-Pierre Algrain, un pêcheur de première année, ainsi que Pupu, à droite.

Sur cet autre char, où prévaut l’ambiance musicale, s’illustrent notamment Achille et Riton.

1967 : le baptême

Dès septembre, la promotion suivante confie à sa Commission Folklorique la tâche d’amplifier la promotion du bal, édition 1967. Tous les courriers partant de Nancy sont alors ornés d’une flamme mentionnant La nuit de l’Agro. Le défilé est réitéré.

Aux scooters et vélos décorés pour l’occasion, se joignent plusieurs chars qui se parent d’un thème à l’image du char piscico-oenologique ou du char musical. Mais l’imagination des élèves et de ses délègues folklores, avec en tête Gérard Bodet et René Pineau, ne s’arrête pas là. Ils ont l’idée un peu farfelue de faire tourner un vélo bardé de publicité autour de la Place Stanislas, alors non piétonne, durant 24 heures afin d’interpeller les passants. Le Maire de Nancy, Pierre WEBER, leur en donne sans problème l’autorisation. Le samedi 7 janvier 1967, à 16H00 précises, le premier relayeur s’élance pour un périple de 166 tours soit 493 km compte tenu des 296,48 mètres du contour de place, minutieusement mesurés par les experts géomètres de l’école. Les 24 Heures* de Stan sont nées.

Et l’Est Républicain, dans son édition du 8 janvier 1967, rend compte pour la première fois des 24 heures* de Stan.

1968 : L’agrillette sous la neige

Début 1968, la météo est hivernale. La neige tombe sur la Place Stanislas qui se recouvrira au fil des heures d’une bouillie fondante et glissante. La promotion 66-69 présidée par Gérard Raeven et son délégué folklorique Jacques Dreyffus, n’en maintient pas moins la course avec en nouveauté l’apparition de l’Agrilette, un étrange véhicule mi bicyclette, mi tricycle inventée par Edmond Brepson, un franc-comtois de 2ème année. Sept à huit élèves de 3ème année se chargent d’assurer les relais dans des conditions climatiques épouvantables mais avec le soutien de passants et aussi les interruptions de nancéiens noctambules entravant les tours de vélo à force de lancés de boules de neige et de queues de poisson. Le toit de la petite guérite de bois, servant au contrôle et au repos des coureurs, s’effondrera également sous le poids de la neige. Heureusement, l’école met à disposition sa camionnette qui servira de refuge aux élèves et à l’équipe frigorifiée et détrempée, encore sous le coup d’un magnifique vol plané de Jerzy Loscinski et de son vélo vers 3 heures du matin par dessus le capot d’une 4L qui n’a pas marqué d’arrêt en abordant la place. A l’aube, des 2èmes années viennent en renfort des coureurs qui pour certains ont effectué plus de 90 tours nocturnes soit 30 km. A 16H, les 24 Heures* de Stan 1968 s’achèvent. 1845 tours, soit près de 505 km, ont été parcourus par 75 coureurs encouragés par les étudiants, des passants des commerçants à l’image des propriétaires du tabac Le Royal qui avait offert les cigarettes pour « soutenir le siège ». Les parents des élèves étaient aussi de la partie. C’est le père de l’un des participants, Jean Grataus, qui avait fourni le carburant. Bien que la neige ait entièrement recouverte, et détrempée, les affiches promotionnelles annonçant le Bal de l’Agro du 13 janvier 1968, la soirée animée par Chris Barber et Pierre Février fut un succès .

L’agrillette de la promo 66 – 69

Sur cet autre char, où prévaut l’ambiance musicale, s’illustrent notamment Achille et Riton.

Les thèmes depuis 1970:

  • 1970 "Je suis con je n'irai pas au 24H de Stan"
  • 1972 Fausse alerte et barbecue
  • 1980 La Mer
  • 1990 La Gastronomie
  • 1994 Les inventions
  • 1998 La bande dessinée

Années 70 : la tradition s’installe

Dans les années 70, les vélos sont remplacés par des chars à traction humaine construits sur des châssis de voiture, tous aux couleurs d’un thème donné, particulièrement loufoques en ce début décennie : En 1970 « Je suis con je n’irai pas au 24H de Stan » ; en 1972 : « Fausse alerte et barbecue ». Aux élèves agronomes se sont joints les étudiants des facultés et grandes écoles de Nancy. C’est la naissance d’une nouvelle tradition dans la vie estudiantine nancéienne et lorraine.

  • 2000 Pays du monde
  • 2002 Contes et Légendes
  • 2004 Le cinéma
  • 2006 Les grandes inventions
  • 2008 Back to the Seventies
  • 2010 Nature sauvage
  • 2012 A la Conquête de l'Espace
  • 2014 Comme des Enfants
  • 2016 Au fil du temps
  • 2018 Plus vite que la musique

Pour voir plus de photos

L’évènement emblématique de la vie étudiante

Aujourd’hui les 24 Heures* ne se déroulent plus Place Stan, devenue piétonne en 2005, mais sur sa voisine, Place de la Carrière. Elles réunissent 4000 étudiants issus des écoles, facultés et instituts de l’Université de Lorraine et d’établissements d’enseignement supérieur de la région. Près d’une trentaine de chars est au départ de la course. Les animations se sont développées et les 40 000 spectateurs que rassemble aujourd’hui l’événement peuvent profiter des spectacles artistiques et des animations organisées en parallèle : concerts donnés par les groupes sélectionnés lors des tremplins, tombola, exposition artistique, fanfares et chorégraphies des clubs pompom, jeux… Racine brassicole de l’ENSAIA obligeant, des bières sont brassées spécialement pour l’occasion sous les noms de La STAN et La POUSSETTE. Un village de stands occupe le centre de la Place de la Carrière. Chaque édition met une association en fil rouge et fait une large place à la prévention. Le jour J, le samedi, après un contrôle sécurité des équipements, le cortège de chars prend le départ de la Place Carnot à 14h00 pour un défilé haut en couleurs dans les rue de Nancy. La course est lancée à 16H Place de la Carrière.

Toute la nuit les équipages se relayeront jusqu’à 16H le lendemain. Puis c’est la remise des prix par le jury composé des étudiants de l’ENSAIA organisateur de la précédente édition.

Evènement bisannuel incontournable de la vie étudiante nancéienne, les 24H* de Stan sont entièrement organisées par les élèves-ingénieurs de l’école rassemblés au sein du CEOM : Comité Etudiant d’Organisation des Manifestations ENSAIA. Près d’une trentaine d’élèves y assure la responsabilité de l’ensemble de la manifestation : organisation, logistique, sécurité, programme d’animations… en lien avec les instances de la Ville de Nancy, de la Communauté urbaine du Grand Nancy, de la Préfecture de Meurthe-et-Moselle, de l’Université de Lorraine et de la MGEL.

Vous pouvez aussi accéder à l’ancien site internet ici: http://24hdestan.free.fr